La fille du fleuve : une vie de souffrance

La fille du fleuve est un roman.La fille du fleuve révèle le revers de nos traditions africaines. Ces traditions souvent très dévastatrices qui sont utilisées à tort ou à raison pour assouvir certains penchants malsains.
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La fille du fleuve

La fille du fleuve est un roman. Il nous conduit dans l’univers du peuple ouan dans le centre ouest de la Côte d’Ivoire.  Mais pas seulement car avec un peu de fantaisie, l’auteur nous plonge dans le quotidien des royaumes africains avec son corolaire de croyances. Il s’agit de coutumes, d’interdits, de mythes couronnés de châtiments préétablis depuis la nuit des temps. Mais aussi d’injustices réalisées au compte de la tradition qui sont des éléments décrits par l’auteur.  Toutefois, il relève les conséquences néfastes dues à ces pratiques que l’on doit impérativement respecter peu importe le prix à payer.

« Qu’est-ce que c’est? Fit-elle avec beaucoup de difficultés»

– Une fille répondit calmement Yonsere , la patronne des matrones. Au lieu de se réjouir, la jeune mère se mit à pleurer calmement. Elle savait déjà qu’un mauvais sort s’annonçait à elle. La coutume ne disait-elle pas qu’à Banu on ne pouvait accepter dans la société un enfant de sexe féminin issu d’un accouchement difficile ?  On pensait que ces enfants étaient messagers de mauvais sort. Raison pour laquelle ils étaient sacrifiés au fleuve « Yiti» dès leur naissance. Les ancêtres ne disaient-ils pas que les femmes étaient les compagnons des diables ? » Pages 5-6

La fille du fleuve, victime ou messagère du mauvais sort

Pour sauver sa fille, Lepou devra prendre urgemment une décision. Elle devrait s’enfuir  très  loin du royaume de Banu pour échapper à la coutume. Arrivera-t-elle à se sauver ? Et à sauver Yini son nouveau-né ? Dilemme ! Cependant, cette situation que traverse Lepou est-il un cas isolé ? Banu est-elle la seule région ou des nouveaux nés ou enfants étaient sacrifiés au nom de la tradition ?

Des interrogations qui trouveront réponse dans le récit avec des rebondissements à couper le souffle.

« Oui, elles avaient été sauvagement mutilées et ça elles le savaient avec beaucoup de regret. Mais que dire de celles qui y avaient laissé leur vie ? Que dire de ces naïves, de ces innocentes qui se sont battues contre vents et marrées pour en arriver au tunnel de la mort. Elles avaient voulu être en phase avec la coutume et voici ce qui leur est arrivé. Elles avaient fini par payer de leur vie et de leur sang, leur ignorance ».

La fille du fleuve révèle le revers de nos traditions africaines. Ces traditions souvent très dévastatrices qui sont utilisées à tort ou à raison pour assouvir certains penchants malsains.

A lire le climat au centre de la 3ème édition des panafricaines

Subdivisé en 14 parties, des titres évocateurs comme « La fuite vers l’inconnu », «Une nouvelle fatale », « La colère du génie » donne un aperçu du contenu. La fille du fleuve, est une œuvre de 132 pages écrite par Siagbé Détoh Charles. L’auteur réussit à captiver le lecteur avec ces fabuleux récits typiques du quotidien. Cependant il comprend trop  de sous histoires rocambolesques. On y découvre beaucoup de fictions qui voilent un temps soit peu l’essence du roman. Toutefois pour une première publication ce roman est acceptable. Sa lecture est aisée. Je vous le recommande.

Angeline Yerbanga

 

 

 

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