Mission séduction une grippe dans le rouleau compresseur d’ Affi N’Guessan

Affi N’Guessan est de toutes les sorties et de tous les grands rassemblements de mouvements et de partis politiques qui œuvrent dans l’opposition. L’honorable Pascal Affi N’Guessan, tente tant bien que mal, de donner du poids sur l’échiquier politique ivoirien à la tendance du Front Populaire Ivoirien (FPI) qu’il dirige.
1
228

Affi N’Guessan est de toutes les sorties et de tous les grands rassemblements de mouvements et de partis politiques qui œuvrent dans l’opposition. L’honorable Pascal Affi N’Guessan, tente tant bien que mal, de donner du poids sur l’échiquier politique ivoirien à la tendance du Front Populaire Ivoirien (FPI) qu’il dirige.

Depuis les élections présidentielles de 2015 où il avait récolté le taux peu honorable de 9%, l’homme a fait du chemin. Elu député de la circonscription de Bongouanou (Centre-est de la Côte d’Ivoire) aux législatives 2016, puis Président du Conseil Régional du Moronou en 2018, l’honorable Affi semble reprendre du poil de la bête.

Ces victoires sont un encouragement pour celui qui est accusé par l’aile dure du FPI d’avoir voulu remplacer Laurent Gbagbo en contestant sa candidature à la présidence du du parti. Toutefois, elles ne suffisent pas à légitimer l’homme, qui à ce jour n’est pas parvenu à attirer à lui la base du Front Populaire Ivoirien encore très attachée à l’ex locataire de Scheveningen et aux idéaux de la tendance Sangaré. Cet état de fait, n’arrête pas pour autant l’honorable, qui par tous les moyens, veut faire de la branche du Front Populaire Ivoirien qu’il dirige, le numéro un.

Vaines tentatives…

Sa mission séduction, il l’avait amorcée par de multiples appels à la réconciliation à l’endroit de l’aile dure du FPI. Feu Aboudramane Sangaré, jusqu’à son dernier souffle, ne donnera point un écho favorable à toutes ses tentatives de réunification. Les actions en justice intentées par Affi N’Guessan contre ses anciens camarades aux fins d’invalider la candidature de Laurent Gbagbo, d’interdire l’usage du nom et du logo du parti et le recours au ministère de l’intérieur pour contrecarrer le congrès de Mama ont laissé des séquelles. En outre, la stratégie de boycott du FPI tendance Sangaré jusqu’à la libération de Laurent Gbagbo et de tous les détenus politiques, se heurte à la volonté du prince de Moronou de renouer avec le jeu politique et pourquoi pas reconquérir le pouvoir… Il déclarera à cet effet le 21 février 2017 suite à un énième silence assourdissant de celui que l’on surnommait le gardien du temple à son appel à la réconciliation « J’ai en particulier, lancé l’appel à Sangaré et lui n’a encore rien dit. C’est en fonction du niveau de responsabilité que les gens parlent. Sauf que le chef ne parle pas! Qu’est ce qui se passe dans ce cas? on avance ! ».

Difficultés supplémentaires

Au milieu de ces querelles intestines, deux évènements majeurs auxquels il faut ajouter la libération surprise de Laurent Gbagbo en Février viennent troubler la quiétude de l’honorable Affi. La libération de Simone Gbagbo surnommée la dame de fer et la mort d’Aboudramane Sangaré dit le gardien du temple.

Au FPI comme dans la majorité des partis politiques africains d’ailleurs, il y a une star : c’est Laurent Gbagbo. Les frondeurs ne respirent que par lui et veulent éviter par tous les moyens que son souvenir et celui de son épouse ne s’éteignent. Alassane Ouattara portera un premier coup aux ambitions d’Affi N’Guessan en accordant l’amnistie à l’ex première dame et renforçant par la même occasion la fronde qui voit reparaitre dans ses rangs, une figure emblématique. Elle légitimera Abou Dramane Sangaré et sa stratégie politique en affirmant aux militants venus célébrer sa sortie de prison : « Je voudrais que vous tous, vous vous associez à moi pour féliciter Aboudramane Sangaré. Il est en train de marcher sur ces 75 ans, cet homme-là. Il a été capable, et il est encore capable de rester debout pendant deux heures pour parler… J’ai été impressionné par la prestation d’Aboudramane Sangaré. Il est à l’image du Front populaire ivoirien (FPI). Tu le pousses, il est là. Tu lui fais croc en jambe, il est là. Tu le frappes, il est là, tu le matraques sur les fesses, il est là. Tu l’envoies en prison, il est là. Sangaré, que Dieu te bénisse »!

Le deuxième coup viendra de la prise des rennes du parti par Laurent Gbagbo lui-même qui met ainsi fin à tout interim. « Après des séances de travail avec le Président du Comité de Contrôle, le camarade Hubert Oulaye et le Secrétaire Général Assoa Adou, et dans un souci de rassemblement et de repositionnement du Parti, j’ai pris les décisions suivantes : 1) Il n’y a plus d’intérim. J’assume pleinement la direction du Parti. 2) Conformément à nos statuts, je déciderai de la convocation des réunions des instances statutaires, qu’il reviendra aux vice-présidents, dans le respect de l’ordre hiérarchique, de présider. 3) La mise en œuvre des décisions, la gestion et l’administration du Parti au quotidien, continueront d’être assurées par le Secrétaire Général du Parti, le camarade Assoa Adou, avec lequel je suis en rapport constant », indique-t-il dans une note signée du Docteur Assoa Adou, Secrétaire Général du FPI.

Toujours en quête d’alliés ?

Pour relever ces nouveaux défis et asseoir son pouvoir, il lui faut des alliés. Il frappe à toutes les portes tentent des opérations séductions auprès du PDCI dont il a pris part au 6ème congrès extraordinaire et à qui il a tendu la main pour une alliance. Le divorce avec le RDR et le RHDP semble être une aubaine pour lui. En outre, Konaté Navigué président de la jeunesse de sa frange du FPI a été vu au Conclave du rassemblement pour la Côte d’Ivoire (RACI) mouvement mué en parti politique et proche de Soro Guillaume, ex président de l’Assemblée Nationale.

Dans sa saine appréciation des réalités du moment, Affi N’Guessan sait qu’il a désormais en face de lui, Laurent Gbagbo comme adversaire. L’homme dont il affirme inc et nuc souhaiter tout autant que ses opposants la libération a non seulement décidé de prendre la tête du Front Populaire Ivoirien, légitimant une fois de plus l’aile dure du FPI et fragilisant par la même occasion le prince du Moronou mais est désormais libre même s’il ne s’agit que d’une liberté conditionnelle. Dans l’entourage de l’homme, l’on se réjouit de cette liberté qui augurerait une ère nouvelle pour le Front Populaire Ivoirien lui-même l’a d’ailleurs affirmé être animé d’un « sentiment de joie et de soulagement » d’autant plus qu’elle devrait « mettre fin à la crise au sein du Front populaire ivoirien ». A quel prix pour lui…

1 comment

Leave a reply