Profanation du sépulcre de DJ Arafat, décryptage de Dr Albert Kouakou, sociologue

La profanation du sépulcre de Dj Arafat le 31 Aout dernier par ses fans après son enterrement a choqué les ivoiriens. Et si la profanation d’une tombe devient un acte banal pour la jeunesse ivoirienne, il y a lieu de craindre. Le pire pourrait venir de cette jeunesse.
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La profanation du sépulcre de Dj Arafat le 31 Aout dernier par ses fans après son enterrement a choqué  les ivoiriens. Les « chinois » voulaient vérifier si oui ou non c’était bien le corps de leur idole qui y était. L’analyse du docteur Albert Kouakou, sociologue.

La tombe de l’artiste DJ Arafat fut profanée par ses fans. Cet acte de profanation condamnable mérite une attention  particulière. En réalité, il est un indicateur de la psychologie de la jeunesse ivoirienne actuelle.

Profanation de la tombe de Dj Arafat, motivation ses « chinois »

Le décès de DJ Arafat fut accueilli comme une rumeur qui devait faire le Buzz. Dès lors, pour ses fans communément appelés « Noushi ou Chinois« , leur idole après quelques jours, reviendrait sur la scène. Mais en lieu et place, ce sont des funérailles organisées par le Gouvernement qui leur ont été servi. Après la mise en terre donc, les « Noushi ou Chinois », avaient besoin de vérifier que leur idole était effectivement et réellement mort : d’où l’acte de profanation.

L’analyse que nous faisons de cette situation est simple

  1. En Côte d’Ivoire, il est difficile pour le citoyen lambda, de vérifier le bien fondée d’une information. Cela est dû au du poids de la rumeur. Les médias d’Etat qui devaient donner les informations afin de contenir la rumeur ou la dissiper, souvent, ne le font pas. Dès lors, chacun y va avec ses moyens pour confirmer ou infirmer l’information reçue.
  2. Cette situation traduit aussi l’idée que la jeunesse ivoirienne a de ses dirigeants politique : des dirigeants qui ne tiennent aucune promesse. Il est donc difficile pour cette jeunesse de prendre pour vraie, une information aussi sensible que la mort de leur idole surtout avec la récupération de l’organisation des obsèques par ce gouvernement. Le résultat est là, la profanation de la tombe de l’idole.
  3. La déchéance morale de notre jeunesse qui n’a plus de repère. Pour Paraphraser feu Houphouet Boigny, le modèle de la jeunesse, ce sont les hommes politiques qui par leur probité, leur intégrité et leur volonté, font bien, ce qu’ils devaient faire pour ce pays. ., la jeunesse ivoirienne est désabusée.

Sépulcre profané, cet acte de malédiction

  1. Le modèle que DJ Arafat lui-même a servi aux « Noushi ou Chinois » est le modèle d’une jeunesse qui ne s’inquiète de rien, qui à la limite n’a de considérations pour rien. Cela se traduit par la réponse des jeunes dans leurs habillements : pantalon au ras des fesses pour laisser apparaître le dessous. Or ce style d’habillement dans les prisons américaines est hautement significatif d’une orientation sexuelle en dehors de la norme. Et pire, le langage des  »Nouchi ou Chinois  » qui luttent la malédiction parce qu’ils se croient tous maudits ou on leur fait croire qu’ils sont tous maudits. Si non, comment comprendre que la Côte d’Ivoire a une croissance de plus de 7% sur 10 ans et la jeunesse ivoirienne est encore à la traine

Un pays aux agrégats économiques rayonnant mais dont la jeunesse prend chaque jour, la route de l’exil ; si ce n’est pour échapper à la malédiction chez lui, qu’est-ce qui expliquerait cette situation ? serait-ce un manque de volonté politique pour sortir la jeunesse de sa situation ?

  1. Morceau choisi de la psychologie des  »Nouchi ou Chinois »: « Je dis oh,  »Nouchi ou Chinois », quelqu’un qui lutte malédictions avec son camarade et je cite « toi, tu penses que tu es maudit, moi, je suis plus maudit que toi ». De tels propos traduisent une déchéance morale totale car dans la vie, on ne lutte que la bénédiction et non la malédiction. Alors pour quelqu’un qui lutte la malédiction, La profanation d’une tombe devient un acte banal. Et si la profanation d’une tombe devient un acte banal pour la jeunesse ivoirienne, il y a lieu de craindre. Le pire pourrait venir de cette jeunesse.

Sachez donc pour vous qui vous offusqué et vous indigné, que ce genre de personnes « Noushi ou Chinois », ont besoin de voir pour croire. Un pays n’a que la jeunesse dont il se forge car la jeunesse ivoirienne, n’est que le reflet et le devenir de la société en général.

Dr Yao Kouakou Albert, Enseignant-Chercheur à l’UFRSSH de

l’Université Jean Lorougnon Guédé de Daloa,

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