Soudan :gouvernement de transition en faveur des civils,un accord arraché à l’armée

Au soudan, le  nouveau gouvernement sera connu le mardi 20 Août. Addalla Hamdok le dirigera en tant que premier ministre. Ce gouvernement de transition composé de 18 civils et deux militaires aura une mission de trois ans. C’est le résultat d’un bras de fer entre la population et l’armée soudanaise.
0
151

 Au Soudan, le  nouveau gouvernement sera connu le mardi 20 Août. Addalla Hamdok le dirigera en tant que Premier Ministre. Ce gouvernement de transition composé de 18 civils et deux militaires aura une mission de trois ans. C’est le résultat d’un bras de fer entre la population et l’armée soudanaise.

 L’accord est enfin scellé. Sur les bords du Nil, à Karthoum, capitale du Soudan, le Conseil militaire de la transition et les leaders de la révolte populaire ont signé le samedi 17 août 2019 un accord de transition qui fera date. Le processus de transfert du pouvoir aux civils est ainsi amorcé.

240 jours après leur soulèvement contre la hausse du prix du pain, les soudanais qui rêvaient de liberté et de démocratie peuvent enfin se réjouir. Retour sur les temps forts de cette révolution imprimée du sang de nombreux soudanais.

Soudan : une énième hausse qui ne passe pas

Le 19 décembre 2018 au soudan des centaines de personnes exaspérées par la décision du gouvernement d’augmenter le prix du pain de 1 à 3 livres soudanaises s’emparent de la rue. Trois zones cristallisent alors la contestation. D’abord Port-Soudan, principal port du pays situé à l’est de la capitale Khartoum, ensuite  Atbra et enfin Nhoud. A Atbra, le siège du Parti du Congrès National (PCN) du Président Omar el-Béchir est en feu. Les populations crient « non à la faim ».

Malgré le couvre-feu, l’état d’urgence et les répressions sanglantes, le peuple exige la démission du Président Omar El Béchir. Il l’Obtiendra le 11 avril 2019.

Lire aussi : Comme Laurent Gbagbo Omar El Béchir tombe un 11 avril

Durant des semaines, des manifestations sont organisées. L’Association des professionnels soudanais (APS) est en tête de la révolte populaire. Enfin elle réussi à fédérer autour d’elle des milliers de soudanais prêts à tout pour la chute du régime. C’est à coût de gaz lacrymogènes que les manifestants sont dispersés et parfois violemment réprimés. Amnesty International dénombrera 37 morts tandis que le bilan officiel à la date d’avril 2019 est de 49 morts.

Pour atteindre son objectif, le peuple sollicite l’appui de l’armée qui rejoint ses rangs. La chute du régime d’Oumar El Béchir au pouvoir depuis 1989 le ministre de la Défense Aouad Mohamed Ahmed Ibn Aouf. Il est en lieu sûr rassure-t-il. Il annonce par la même occasion la formation d’un conseil militaire qui assurera l’intérim pendant deux années à l’issue desquelles des élections seront organisées. La victoire a subitement un goût amer.

Soumettre un autre géant : le Conseil national de la transition

Omar El Béchir  Président du Soudan  tombe certes mais l’armée demeure au pouvoir. Le peuple refuse de rentrer chez lui et veille jalousement sur sa révolution. Le pouvoir doit être transmis aux civils.

Le Conseil national de la transition et les chefs de la révolution entament des négociations. Mais le 20 mai 2019 c’est l’échec. Chacune des parties souhaite prendre la tête de L’armée galvanisée par les islamistes, attachés à la charia en vigueur dans le pays depuis la prise de pouvoir d’Omar El-Béchir. Il y a également les signaux positifs de plusieurs pays du golfe (l’Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis) qui promettent une aide financière  et tentent de se maintenir à la tête de la transition.

Le peuple répond par la désobéissance civile les 27 et 28 mai 2019 et observe un sit in devant le QG de l’armée. Le 3 juin, l’armée répond par une violence qui causera 127 morts selon le comité de médecins proche de la contestation. Les paramilitaires des Forces de soutien rapide (RSF) sont pointés du doigt.

Aussi les soudanais sont intimidés jusque dans les hôpitaux. Et l’armée dénonce les accords conclus avec les chefs de la contestation. Et annonce des élections dans neuf mois. Le peuple ne l’entend pas de cette oreille. C’est la phase de la désobéissance civile.

L’Alliance pour la liberté et le changement (ALC), l’un des piliers de la contestation, donne le mot d’ordre pour une désobéissance civile du 9 au 11 juin. Khartoum est paralysée.

Le soudan  vers une sortie de crise

Dans le mois de juin, des médiateurs de l’Ethiopie et de l’Union africaine s’emparent du dossier pour soutenir le soudan. Le Conseil national de la transition pointé du doigt par la communauté internationale suite à la répression sanglante se dit prêt à négocier.

Les négociations prennent deux jours et permettent de trouver un accord le 5 juillet 2019 sur la période de la future transition. Cette entende se matérialise par une déclaration politique le 17 juillet 2019.

Désormais la transition  au Soudan durera trois ans. Il ne s’agit plus d’in conseil national de la transition mais d’un conseil souverain.

Malgré une suspension liée à la mort de quatre lycéens tués par balles lors d’un rassemblement à Al-Obeid, Les discussions reprennent le 1er août. Elles aboutiront à la désignation d’Abdallah Hamdok, un ex-économiste de l’ONU comme Premier ministre du futur gouvernement de transition du soudan.

Elisabeth YABA

Leave a reply